Collectif Préservons le Domaine de Boudré

Suite à l'annonce officielle de la mise en vente du Domaine de Boudré, le collectif a vocation à assurer la sauvegarde de ce site naturel.

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Il P.L.U. sur mon Cœur !

Sans surprise les élus de la Communauté de communes Anjou Loir et Sarthe ont voté le nouveau Plan Local d’Urbanisme (dit PLUi) de la Communauté de Communes du Loir qui comprend 13 communes (Beauvau, La Chapelle St-Laud, Chaumont d’Anjou, Cornillé-les-Caves, Corzé, Huillé, Jarzé, Lézigné, Lué-en-Baugeois, Marcé, Montreuil-sur-Loir et Seiches-sur-le-Loir.) Il y a eu 1 voix contre, 4 abstentions, 1 qui ne prend part au vote et 34 pour.

Ce travail a été mené de manière très professionnelle mais excessivement partiale sur la partie concernant Boudré, par une Enquêtrice, désignée par le Tribunal Administratif de Nantes
Les conclusions de l’analyse suivent scrupuleusement les désidératas des autorités politiques et locales à la manœuvre, sans tenir compte des avis majoritaires pourtant largement exposés, en défaveur du déclassement de Zone Naturelle d’une partie de l’hippodrome et du parking, pour permettre une installation sur-mesure et la vente à un entraineur de chevaux et donc le début de privatisation du Domaine.

Après avoir obtenu les avis et signatures autorisées, si aucun recours ne vient contrarier ce bel ouvrage, il s’imposera de manière supra-communale aux décisions d’urbanismes des 13 communes qui composent la CCL …

Mais tout n’est pas joué !

Concernant le domaine de Boudré, aux observations et courriers s’ajoute une pétition recueillant rapidement 610 signatures papier et 946 sur le site internet. Ce sont donc 1556 avis défavorables aux orientations du PLUi, essentiellement relatives à la privatisation du domaine de Boudré.

La particularité de ce type d’étude est de recenser et d’agir :
d’une part sur des projets touchant des zonages, des parcelles et des quartiers impactés par le Pan Local d’Urbanisme, donc essentiellement sur des intérêts très privés. Seule une quinzaine de personnes semble avoir été concernée en apportant des observations.
d’autre part sur des zones agricoles ou forestières, comme le domaine de Boudré, qui lui est un BIEN COMMUN, hérité par legs, avec beaucoup plus d’avis défavorables.

Donc d’un côté par exemple des bâtiments privés qui changent de destination ou sont réhabilités.
De l’autre la propriété du département (513 ha), considérée comme un espace protégé et au service des habitants et de leurs familles. Ce site remarquable et classé en Espace Naturel Sensible est animé par de nombreux acteurs autour de l’exploitation forestière, de l’élevage, du sport et de loisirs. C’est évidemment de l’intérêt général dont il est question.
Ce sont donc des enjeux à dimensions très variables, mis sur le même plan et dont l’acceptation est globale.

Les élus ont donc mis sur le même pied d’égalité la réhabilitation d’un mur en ruine qui menace de s’effondrer et une zone végétale remarquable de par sa biodiversité.

Les élus du Conseil Départemental, désireux à tout prix d’installer un entraineur de chevaux de course, ont agi auprès de toutes les instances locales pour que leur projet fasse partie intégrante du PLUi.

Le Collectif rappelle que ledit projet équin est vide de toute architecture, que son contenu n’a jamais été communiqué et que seul l’appât d’un gain hypothétique et d’un apport économique discutable fut retenu dans le choix des édiles.

Ainsi, reprend-elle des griefs du Collectif :
« l’argumentaire du Collectif est basé sur la fragilité du projet, sur l’opposition entre intérêt particulier et intérêt général, sur ses impacts sur l’environnement. ». A ce propos, la tentative de résumé de l’enquêtrice reste ambigüe. En effet, le Collectif a toujours défendu l’intérêt général de Boudré en tant que bien commun hérité du legs des époux Gélineau, devant tout intérêt privé. Or, elle prétend dans le rapport que le Collectif privilégie l’intérêt privé de Boudré au détriment de l’intérêt général du PLUi. C’est habile pour évacuer le fonds du problème qui est bien la privatisation d’une partie de Boudré.
«  L’activité sera source de nuisances pour la biodiversité qui ne peut être que dégradée. L’impact irréversible qui entamera gravement le patrimoine naturel du site est contraire à l’objectif de valorisation du patrimoine mis en avant dans le PADD (Projet d’Aménagement et de Développement Durable). »

Elle note aussi que «  la réalisation du projet va créer des emplois et augmenter le trafic routier. »
Le Collectif observe que les emplois hypothétiques ne seraient que des mutations sur des activités précaires et partielles.

Il reste cependant une partie non cédée, le massif forestier géré par l’ONF qui devrait être transféré à un établissement public. Cette zone a été exclue de l’appel à projet.
Au-delà des parcelles classées en Espaces Boisés Classés (EBC), en ZNIEFF et en réserve de chasse, certaines sont dans un périmètre de protection de captage de l’eau alimentant les habitants de Seiches.

Et pourtant, la qualité EBC protectrice dans la gestion des forêts a été supprimée pour les parcelles de plus de 4ha dans le PLUi. Le classement EBC est protecteur car il protège de tout défrichement, sa suppression vient fragiliser ces espaces forestiers. Désormais, le défrichement devient possible avec acceptation de la commune. Les bois et forêts ne sont plus sacralisés.

Parmi les observations déposées sur le rapport de l’Enquêtrice:

  • la Sauvegarde de l’Anjou associée à France-Nature-Environnement note la bonne analyse initiale des enjeux écologiques mais dénonce une incohérence entre les principes de la préservation de la biodiversité énoncés dans le PADD et l’absence de transcription de ceux-ci dans les plans de zonage. Cette association précise aussi : « L’incohérence est aussi réitérée pour qualifier les zones humides qui ne sont pas suffisamment protégées. Même si elles sont identifiées, il n’y a pas de prescriptions spécifiques. Le projet du domaine de Boudré doit être proscrit de ce site beaucoup trop sensible ».
  • La Ligue de Protection des Oiseaux (LPO) souligne que les réservoirs de biodiversité du territoire sont confortés par le projet de PLUi mais pour qu’ils soient opérants, ils doivent s’accompagner d’un réseau de connexions efficaces, les corridors écologiques.
  • L’association Nationale pour la Protection du Ciel et de l’Environnement nocturnes ANPCEN a également déposé à propos du domaine de Boudré. « Le site, classé Espace Naturel Sensible est dépourvu de lumière artificielle. Une modification des infrastructures existantes générant des activités et dérangements nocturnes nuirait à cet environnement dès le crépuscule, à la fois pour la préservation de la biodiversité nocturne… ». Les impacts sont la fragmentation des habitats faunistiques, la modification des voies de déplacement, la disparition des insectes, des chiroptères »… Le ciel pourrait perdre l’état actuel alors qu’il est favorable au développement de manifestations d’observations astronomiques.

La Commissaire a joué un rôle pour cautionner les manœuvres de la CCALS, téléguidées par le CD, pour apporter au projet de l’entraineur une consistance inexistante et surtout une tenue réglementairement ! En effet, elle ne justifie pas ce tour de passe-passe consistant à transformer la « zone naturelle » en « zone agricole ». Elle s’est alignée sur la soi-disante logique économique et politique, du Conseil Départemental et de la CCALS. C’est du parti pris.

Les votes et décisions des élus sont en opposition avec l’avis majoritaire exprimé par les habitants lors de l’enquête du PLUi.

Pour le collectif, ce PLUi reste contestable sous plusieurs aspects.

L’étude du PLUi suit son cours, pour l’instant les conclusions du Collectif se confirment

A la lecture des nombreuses interventions de Madame Goukassow, le collectif est heureux d’apprendre que le conseil départemental a pris conscience de l’impasse administrative du projet de forage. Il aurait été préférable qu’une telle aberration environnementale soit constatée lors de la sélection du projet.
A défaut, l’autorisation de forage figure parmi les clauses suspensives de l’acquisition telles qu’elles ont été votées en commission permanente le 16 octobre 2017. Puisque que cette clause n’est pas réalisable, Monsieur Fouin est d’ores et déjà libre de tout engagement…

Plus largement, c’est la légèreté de l’approche environnementale de ce projet qui étonne. Après avoir imaginé que la modification du PLUi serait une simple formalité, le conseil départemental va de désillusion en désillusion :
– retrait du déclassement de l’intégralité de l’hippodrome en zone agricole
– abandon du projet de maison d’habitation isolée dans l’enceinte l’hippodrome
– abandon du projet de forage
– menaces de l’état sur le changement d’affectation des bâtiments de la ferme de Boudré…

Bien évidemment, par l’intermédiaire de Madame Goukassow, il tente de sauver la face en modifiant certains aspects du projet. Le forage devient ainsi un prélèvement dans le Loir.
Avec la légèreté qui les a conduit à accepter un impossible forage, ils se réfugient, probablement sans l’avoir étudié, sur une solution de pompage dans le Loir.
Mais qui va payer les 1.5 kms de réseau pour amener l’eau du Loir à l’hippodrome ? Le conseil départemental ?

Et que pense Monsieur Fouin de tout cela ? Totalement silencieux depuis un an, accepte t’il ces évolutions ? En est-il à l’initiative ou sont-elles des tentatives désespérées de le retenir ?
Il serait utile qu’il finisse par venir présenter les détails de son projet et en évalue correctement les impacts environnementaux.
C’est normalement dans cet ordre que se font les choses :
– le porteur construit son projet
– il en étudie les impacts et le soumets aux autorités compétentes
– en cas d’accord de principe, il demande l’adaptation du PLU
C’est le sort qui a été réservé à tous les autres projets du PLUi (gravières, parc photovoltaïque,…)

Le collectif travaille et expose au public ses conclusions pour l’instant confirmées. Contrairement aux allégations de Madame Goukassow, il reçoit à ce titre le soutien sans faille de très nombreux habitants (plus de 1 200 ont signé la pétition en quelques jours !). Que Madame Goukassow  qui visiblement connait bien « les gens » et leur prétendu soutien organise une réunion publique avec Monsieur Fouin, nous verrons bien…

Le conseil départemental se heurte tout simplement à la réalité de l’évolution des textes de protection de l’environnement. Il les ignore, sûr que 30 emplois justifient tout. Il se trompe et il n’est pourtant qu’au début d’un long parcours administratif très très incertain… Quelqu’un a t’il compilé la liste de toutes les formalités restant à accomplir ? Nous, nous l’avons fait.

Au final, ce n’est pas la détermination du collectif qui aboutira à l’abandon du projet de Monsieur Fouin à Boudré, ce sont les lois de la République qu’étape par étape le conseil départemental semble découvrir.

 

Protégez la forêt de Boudré en signant la pétition pour le maintien des règles d’urbanisme

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Pétition

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C’est la meilleure manière de signifier au Conseil général que les citoyens s’opposent à tout projet préjudiciable au domaine de Boudré.

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Préservons Boudré!

La pétition, c’est ici.

Vous pouvez aussi imprimer notre pétition en version papier et faire signer tous vos proches! Pour nous la transmettre ensuite, veuillez écrire à sauvonsboudre@gmail.com

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